Rouge
Les jours se sont égrenés les uns après les autres, je n’ai rien vu passer, comme si j’avais quitté le cabinet avant-hier.
Je m’étais préparée à ce que ce soit difficile, épuisant; j’ai vécu la période la plus épanouissante de ma vie.
J’ai appris beaucoup sur nous. La patience d’abord. La remise en question surtout.
Pendant ces mois d’attente, des souvenirs bien enfouis, de la colère et de la rage étouffées étaient remontés en surface. Un mal nécessaire qui m’a permis de grandir et de t’accueillir plus sereinement.
Je dois reprendre le chemin du cabinet et te confier, moi, qui ai encore beaucoup de mal à te voir dans le bras de quelqu’un d’autre, probable séquelle d’une éclosion trop programmée. Je sais que cela sera difficile; ça passera …
Pour toi, j’ai pleins de projets. J’aimerais que tu aies ma sensibilité et son flegme; ma détermination, son optimisme.
Mais, tout cela, je préfère le garder secrètement pour moi. Je préfère te faire découvrir ce qui nous est cher. Avec cela, tu créeras ton propre jeu en tirant les cartes que tu auras choisies.
Cela va être douloureux de nous séparer, de ne plus enfouir mon nez dans les plis de ton cou et m’enivrer de ton odeur de petit biscuit au beurre à toute heure de la journée, de te voir t’endormir contre moi. Mais c’est maintenant que notre vraie vie commence et que tu vas, tout doucement, construire la tienne. Je ne serai pas parfaite, je ferai sûrement des erreurs mais, pour toi, je serai toujours authentique.
Je m’étais préparée à ce que ce soit difficile, épuisant; j’ai vécu la période la plus épanouissante de ma vie.
J’ai appris beaucoup sur nous. La patience d’abord. La remise en question surtout.
Pendant ces mois d’attente, des souvenirs bien enfouis, de la colère et de la rage étouffées étaient remontés en surface. Un mal nécessaire qui m’a permis de grandir et de t’accueillir plus sereinement.
Je dois reprendre le chemin du cabinet et te confier, moi, qui ai encore beaucoup de mal à te voir dans le bras de quelqu’un d’autre, probable séquelle d’une éclosion trop programmée. Je sais que cela sera difficile; ça passera …
Pour toi, j’ai pleins de projets. J’aimerais que tu aies ma sensibilité et son flegme; ma détermination, son optimisme.
Mais, tout cela, je préfère le garder secrètement pour moi. Je préfère te faire découvrir ce qui nous est cher. Avec cela, tu créeras ton propre jeu en tirant les cartes que tu auras choisies.
Cela va être douloureux de nous séparer, de ne plus enfouir mon nez dans les plis de ton cou et m’enivrer de ton odeur de petit biscuit au beurre à toute heure de la journée, de te voir t’endormir contre moi. Mais c’est maintenant que notre vraie vie commence et que tu vas, tout doucement, construire la tienne. Je ne serai pas parfaite, je ferai sûrement des erreurs mais, pour toi, je serai toujours authentique.
Vole mon petit oiseau.
Pas facile de laisser s’envoler la progéniture, même si c’est un tout petit vol.
Elle est très mignonne cette note. Merci
Merci à toi
Je suis toute émue maintenant…
Ça fait aussi question de mes grands questionnements sur la maternité… Merci d’avoir apporté ta réponse!
Bonne reprise à toi, nul doute que cette séparation vous sera profitable à toutes les deux!
Ce texte me touche, évidemment, puiqu’il va bientôt falloir que je passe par le même chemin ; mais il n’y a pas besoin de vivre cette situation pour trouver ton billet beau et émouvant. (Et même sans naissance programmée j’ai quand même du mal à laisser la petite pomme dans d’autres bras, mais je me soigne.)
j’ai les larmes aux yeux! C’est émouvant de se remémorer ces moments de fusion avec le tout-petit et l’obligatoire et indispensable séparation. Mais l’odeur du biscuit ne part pas, elle est toujours là quelque part sur sa peau et dans ta mémoire, créant un lien indéfectible.Un mois après, il doit voler ton oiseau, mais je suis persuadée que tu reste la cage à la porte entrouverte dans laquelle il aime se réfugier!
ah là là, rentrer du boulot et sniffer les cheveux…
Oui, c’est tout à fait ça
ben, le mien, il kiffe tellement sa nounou qu’il me regarde à peine quand je vais le récupérer…ingrat! (mais je l’aime quand même, hein!)