Le quantified self, avenir de notre système de santé ?

Je parle souvent ici de l’évolution de la santé, notamment de la relation patient/médecin qui bouge avec l’arrivée de nouveaux objets connectés. C’est objets connectés qui vont permettre dans quelques années à chaque patient de prendre en main sa santé au quotidien avec des indicateurs fiables.

On n’y est pas encore. Mais les choses bougent dans le bon sens, comme le prouvent les récentes bonnes nouvelles du côté de Visiomed, fer de lance français de la santé connectée. Pour réduire les coûts, améliorer le parcours de soins, et redonner au médecin son rôle central, ce quantified self est-il l’avenir ?

Des dispositifs efficaces et certifiés

Quand on pense aux capteurs d’activité on imagine souvent d’abord Nike (bracelet + appli running) ou Apple (Watch et application santé). Mais ils sont loins d’être certifiés comme des dispositifs médicaux avec les normes associées. Qualité des données, précision des mesures, fiabilité du process de mesure et de stockage de ces données, il y a un monde entre les objets connectés certifiés médical et les autres. Mais de plus en plus de fabricants comprennent les enjeux et poussent un peu plus leur R&D pour satisfaire ces standards.

Je parlais de Visiomed tout à l’heure, on pourrait aussi penser à MyBiody BALANCE, autre objet connecté français, qui permet de mesurer chaque jour l’équilibre de ses masses musculaires et graisseuses. Avec une prise de mesure au niveau de la cheville. Simple et efficace. Chez Visiomed en plus de la température et de la tension on peut aujourd’hui surveiller la glycémie en temps réel. Pratique et indispensable pour de nombreux patients.

Quid de l’exploitation des données ?

C’est sûrement la grande question qui fait encore peur aujourd’hui à de nombreux professionnels de santé. Surtout quand la data transite par des multinationales du web comme Google ou Apple. Car si les objets connectés permettent de récolter de la data, c’est l’exploitation de cette donnée qui va faire la différence. Pour des services innovants qui aident le patient au quotidien. Mais qui permettent aussi au médecin de se recentrer sur l’essentiel avec des indicateurs qui aident au diagnostic.

La révolution est en marche, mais il faudra bien lui donner un cadre légal et l’intégrer dans un système de santé hors d’âge et loin de toutes ces considérations. Un beau challenge pour tous les professionnels de la santé connectée.

Paroles de Patients : de belles leçons de vie

J’ai mis du temps à rédiger ce papier. Il faut dire que la soirée dont je vais vous parler a été éprouvante. Pour le médecin mais aussi tout simplement pour l’Homme que je suis.

Comme chaque année depuis 8 ans le LEEM mettait en avant les patients et leurs témoignages. Si par le passé le pathos était de mise, avec des témoignages bouleversants dans la douleur et la difficulté, les lauréats de cette année étaient un peu différents dans leur façon d’aborder la maladie. De vraies leçons de vie.

Il existe deux prix remis à l’automne par les entreprises du médicament, un prix littéraire (Paroles de Patients) et un prix “multimédia” (Talents de Patients). Cette année deux femmes étaient à l’honneur après leurs témoignages poignants sur des épreuves personnelles surmontées avec un tempérament qui force le respect.

Marine de Nicola, prix Talents de Patients, est une chanteuse de la région toulousaine qui enchaînait les performances TV en Chine où elle est connune et reconnue. Quand le diagnostic est tombé, syndrôme de Hodgkin, la vie devait contiuer malgré le traitement et la maladie. Pendant sa radiothérapie Marine a eu l’idée de transformer le “Shake It Off” de Taylor Swift en “Shave It Off” (“rasez tout”). Le message sur le symbole de la perte des cheveux et d’une certaine part de féminité est évidemment très fort. Mais positif.

Charlotte de Vilmorin a elle reçu le prix Paroles de Patients pour son livre “Ne dites pas à ma mère que je suis handicapée, elle me croit trapéziste dans un cirque”. Jeune femme énergique et blogueuse reconnue pour son franc parler et ses coups de gueule toujours à propos, Charlotte va plus loin avec ce livre. Avec  humour et émotion elle nous décrit le quotidien d’une jeune femme en fauteuil roulant dans la France de 2015. Si vous ne l’avez pas encore courrez acheter son livre. Ce que j’ai fait après la lecture d’articles sur cet événement.

Deux personnalités à découvrir que je ne peux que vous conseiller de suivre un peu partout sur le web en attendant de les rencontrer, pourquoi pas, au détour d’une conférence ou d’un concert.

Il est temps de faire évoluer notre système de santé !

Le gouvernement nous a promis une conférence nationale sur la santé. Il était temps ! Les mutations numériques et ses évolutions dans le domaine de la santé sont telles que le législateur va devoir intervenir. Pourtant cette conférence annoncée pour début 2016 semble assez légère face aux défis qui font face aux médecins et aux professionnels et institutions de santé.

Heureusement le Conseil National de l’Ordre des Médecins prend le taureau par les cornes. L’initiative de la grande consultation devait être pris, c’est une bonne chose. Des rencontres ont donc lieu depuis quelques jours et jusqu’à la fin de l’année partout en France.

Où se placera le médecin dans la parcours de soin nouvelle génération ? Avec l'avènement des sites de conseils et de contenus plus ou moins médicaux comme Doctissimo, et surtout les applications mobiles de santé, comment le médecin peut-il réinventer son métier ?

La relation avec les patients évolue, c’est une certitude. Je vous en ai déjà parlé plusieurs fois sur ce blog. La prise en charge des institutions doit suivre ce mouvement. Pour donner les moyens aux médecins d’apporter ce que les sites et la grande majorité des applications ne peuvent pas délivrer : l’expérience et l’humain.

Mais plus loin que cette base indispensable c’est tout le système de santé qui va devoir évoluer. Comment gérer les données des objets connectés et les intégrer (ou pas) dans un dossier médical nouvelle génération ? Comment garantir la sécurité de toutes ces données récoltées sur les patients ? Comment collaborer avec les géants de l’internet et des réseaux sociaux ? Comment gérer financièrement et fiscalement tous ces nouveaux entrants dans le monde de la santé ?

Comme vous pouvez le voir les questions ne manquent pas. Et encore, je me concentre sur un seul aspect d’une consultation qui en comporte beaucoup d’autres. Sur l’évolution des études de médecine avec une “couche esanté”. Sur les questions d’observance et de silver économie du patient à la caisse du mutuelle.

Bref, il y a du travail.

Rendez-vous donc dès le 12 octobre sur le site du CNOM. Et dès maintenant sur les événements en région.

La check list de votre rentrée médicale

Après des vacances bien méritées c’est la rentrée pour une grande majorité de français. Les professions de santé n’échappent pas à la règle et il est grand temps de se préparer pour une nouvelle année de pratique au plus près de nos patients et de leurs préoccupations quotidiennes de santé et bien plus encore. Voici donc une petite check list pour une rentrée efficace et l’esprit tranquille.

  • Un cabinet toujours plus accueillant

Si vous exercez en libéral l’été a pu être le moment de faire place nette pour remettre votre cabinet en ordre de marche. Vous avez bien entendu changé vos magazines qui commençaient à dater un peu pour les remplacer par les lectures de vacances gardées soigneusement jour après jour en rentrant de la plage. Un peu d’actualité récente ne fait pas de mal, vos patients patienteront encore plus facilement en attendant leur tour.

  • Un site internet à jour

En cette rentrée vous mettez l’accent sur une spécialité ou vous changez vos horaires ? Pensez à mettre à jour votre site internet avec ces informations capitales. Evidemment vous n’êtes pas là pour faire de la publicité (l’ordre ne serait que très peu enchanté…) mais de l’information. Ces évolutions de votre activité en font évidemment partie. Il est donc grand temps en ce début septembre de mettre à jour votre page professionnelle en ligne pour aborder la fin de l’année 2015 de la meilleure des manières.

  • Du matériel renouvelé

Assurez vous d’avoir le nécessaire en matériel de consultation pour gérer le quotidien. Les stocks sont descendus en vitesse avant les vacances mais vous avez oublié de passer votre prochaine commande ? C’est le moment. Pour avoir l’esprit tranquille et se concentrer uniquement sur son diagnostic et son métier de professionnel de santé il ne faut pas être contrarié par des problèmes matériels. Cela peut semble évident, mais qui ne s’est pas retrouvé en manque de consommables indispensables 10 jours après la rentrée par manque d’anticipation ?

  • Un calendrier maîtrisé

Week-ends de garde, fêtes de fin d’année, c’est déjà le moment de préparer ces prochains rendez-vous. Histoire d’éviter les mauvaises surprises et de garder un équilibre vie personnelle/vie professionnelle durement acquis. N’oubliez pas d’ajouter également quelques événements professionnels à ce calendrier. Un congrès, une conférence, prévoyez déjà votre programme 2015/2016 !

L'impression 3D révolutionne l'accès au matériel médical !

On parle beaucoup d’objets connectés et de santé connectée, mais l’innovation technologique est bien plus large qu’une succession de capteurs et d’applications pour mettre en relation patients et médecins. Aujourd’hui je ne vais pas vous parler de chirurige de précision ou de robots ultra modernes. Mais plutôt d’un outil médical ancestral et indispensable : le stéthoscope. Et plus précisément une version open source qui s’imprime en 3D. Idéal pour la médecine de bas et d’urgence sur dans des zones de guerres par exemple.

Une version accessible à tous

30 centimes pour un stéthoscope performant, c’est aujourd’hui possible grâce au docteur Tarek Loubani et à son projet Glia. La situation sanitaire dans l’enclave palestinienne est très préoccupante et les médecins ont décidé de se mobiliser pour pallier le manque de matériel médical. Tarek Loubani et ses confrères ont donc inventé un stéthoscope permettant des premiers secours bien plus efficaces. Les plans sont accessibles gratuitement en ligne et n’importe quel particulier ou professionnel disposant d’une imprimante 3D peut en fabriquer un pour 30 centimes.

Un projet technologique et humanitaire

Au delà de la prouesse technique, le stéthoscope serait aussi efficace que la majorité du matériel médical traditionnel qui coûte plutôt 200€ que 0,30€. En mettant à disposition du monde entier les plans de son invention, le docteur Loubani révolutionne ni plus ni moins que l’impression 3D et l’humanitaire. Un projet qui guidera sans aucun doute d’autres concepteurs dans la mise à disposition de leurs inventions à imprimer à domicile en 3D. Une belle réponse à toutes les dérives d’impression de pistolets ou fusils fonctionnels en 3D. Et une nouvelle preuve de la force d’une communauté médicale connectée et désireuse de faire avancer la science par tous les moyens mêmes très simples. L’accès à la médecine n’aura jamais été aussi facile !